Trois stratégies de transition vers Industrie 4.0

Le 4.0 permet de rechercher de la flexibilité dans les processus, une production plus personnalisée, des produits intelligents et enfin, la réinvention de l'offre commerciale.

Pour le CEFRIO, si Industrie 4.0 est présentée comme une révolution auprès des entreprises manufacturières c’est qu’elle est porteuse d’occasions de transformation et de développement qui font rupture pour ce secteur.

En effet, ces occasions vont jusqu’à changer les modèles d’affaires des fabricants qui intégreront alors une offre de service ou deviendront carrément des entreprises de service. C’est d’abord sur le plan stratégique que la PME amorce son passage vers Industrie 4.0.

Pour les entreprises industrielles, Industrie 4.0 propose trois grandes stratégies d’entreprise illustrées dans le graphique ci-dessous : 

1 - PROCESSUS

Du côté des PROCESSUS, l’usine 4.0 s’appuie sur l’évolution des modes de production, passant de la production de masse à une production individualisée (lot unitaire). L’exploitation des données alimente des rétroactions, des décisions pour un processus flexible, qui s’adaptent, voire se reconfigurent pour répondre aux besoins du client. Les décisions de production sont ajustées en temps réel.

Il s’agit d’une évolution naturelle des technologies actuelles qui, étant plus abordables, se combinent et proposent une offre plus grande et moins contraignante dans leur déploiement. Il existe différents niveaux d’intégration de la technologie dans les entreprises manufacturières et des gains rapides et payants pour ces dernières sont
donc possibles.

2 - PRODUITS

Les PRODUITS connectés permettent la collecte de données en temps réels pour une réutilisation immédiate, ou ultérieure, des données. Ces dernières peuvent être utilisées dans le développement de nouveaux produits ou bien être analysées pour alimenter l’autonomie du produit dans son environnement. On parle alors de produits intelligents. Par exemple, la voiture autonome peut être considérée comme un produit intelligent, capable de s’adapter aux aléas de son environnement extérieur. Les données supportent alors l’ajout de nouvelles fonctionnalités au produit.

3 - SERVICES

La disponibilité des données alimente aussi le développement de nouveaux SERVICES.

On tend ici vers une automatisation du service alimentée par des données captées notamment sur les produits. Cette stratégie d’entreprise permet le développement de nouveaux marchés pour les industries. Par exemple, un gant de golf connecté à un téléphone intelligent fournit un service à son utilisateur, à l’aide de l’analyse des données de jeu. L’utilisateur obtient des informations et des conseils techniques pour améliorer son jeu, le produit se transforme
en service.

Bien que nous puissions distinguer trois stratégies pour l’entreprise, la différence entre produits intelligents et services peut parfois s’estomper. Ainsi, une classification dans l’une ou l’autre des catégories peut dépendre essentiellement de la stratégie de chaque entreprise.

Cette réflexion stratégique ouvre la porte à un autre constat. D’abord, si le terme Industrie 4.0 est réservé au monde de la production, le CEFRIO croit plutôt qu’il peut s’appliquer à l’ensemble de l’économie. En effet, des secteurs comme le commerce de détail, l’agriculture, mais aussi les services sont touchés par Industrie 4.0.
Des décisions fondées sur des données captées en temps réel, voilà la quête notamment des détaillants qui souhaitent personnaliser leur effort marketing. C’est aussi celle des fermes plus connectées où, par exemple, les trajets des véhicules et les quantités de fertilisant qu’ils épandent dans les champs peuvent être entièrement optimisés, voire automatisés, en fonction de diverses données (rendement, analyse des sols, météo, etc.).

Enfin, mentionnons aussi les banques qui ont recours à des modèles statistiques pour débusquer les fraudes sur les cartes de crédit et automatiser des appels de service auprès des clients.